Il faut avoir de la patience, il faut avoir un souffle incroyable. Le processus d'immigration est long et l'attente est insupportable. Ma boite aux lettres est toujours désespérément vide. Ma vie est suspendue. Tout projet à long terme au Maroc est écarté de mon futur car le visa peut arriver d'un jour à l'autre.

Situation insoutenable car je vis écarté entre deux pays, entre deux continents, entre deux façons de vivre, entre deux futurs différents, entre un espoir et un dégoût. Je suis au Maroc mais mon coeur n'y est plus. Je tremble d'effroi à l'idée de ne pas obtenir mon immigration. J'en arrive à me réveiller la nuit et à me poser des questions. Je n'ose même plus en parler tellement cela me pèse.

Parfois, je me fais sourire. Je ne vis que dans l'espoir d'un départ, j'entraîne ma famille dans ce fol espoir. Ma dulcinée me supporte, m'épaule mais parfois j'ai peur de lui imposer un rêve, un mirage, une hallucination.

Je ferme les yeux et j'espère. Je regarde mon fils et mes idées noires s'évanouissent.