O temps suspend ton vol. Oui mais pendant combien de temps.
Je suis d'un naturel optimiste et entreprenant. Je ne suis plus qu'optimiste. Heureusement d'ailleurs.

J'ai vitrifié notre vie. J'ai gelé nos ambitions. J'ai suspendu nos rêves. Je retiens mon souffle depuis longtemps, trop longtemps me disent certains. Suspendre sa vie, acte difficile et courageux. Cela m'étouffe par moments. Cela étouffe ma dulcinée; je le sens, je la comprends. Mais malgré cela, elle me supporte ardemment dans notre choix, notre désir, notre ambition.

J'ai réussi à sortir de mon corps et à me projeter au-delà des mers. Vivre une attente comme celle-ci, c'est s'enfermer, se recroqueviller, se transformer en zombie. Je ne pense qu'à notre vie après notre vie actuelle. Je suis fou, je me flagelle seul, m'arranguerez-vous. Probablement. Mais pour en arriver là, d'autres m'ont poussés. Je ne supporte plus les contraintes inutiles, j'ai la chair de poule à la vue de certains fonctionnaires.

Seul mon corps vit parmis vous, mon esprit est souvent par-delà les océans. Quelle misère si mon corps ne parvient pas à rejoindre mon esprit. Quelle déception si je dois rappeler mon esprit pour qu'il replonge dans notre si beau Maroc. Quelle désillusion si je dois encore torturer mon esprit. Quelle infamie si ma bulle éclate.