samedi 15 janvier
Elle me regarde.
Elle me regarde, je la regarde. Elle me fait énormément de bien, j'essaie de lui donner le plus possible. Elle me chérit tendrement, je la couve de tout mon coeur. Elle me donne un nouveau souffle tous les matins, je la soutiens du plus profond de mon âme.
Elle me regarde avec des yeux qui ne semblent s'ouvrir que pour moi, qui semblent sourire uniquement quand je suis là. Elle me sourit, elle me sourit, elle me sourit.
Je la serre dans mes bras et d'un coup son coeur s'emballe, et soudain mon coeur danse la chamade. Elle cache sa tête dans le creux dans mon épaule pour mieux me faire sentir son amour. Je pose ma tête sur la sienne pour mieux la réconforter.
Nous avons bâti ensemble un empire que nous défendrons contre tous les assauts, que nous ferons prospéré, que nous gardons jalousement au fond de notre coeur.
Elle me comprends, elle me pardonne, elle me suit dans mes projets les plus fous, elle me donne du courage, elle me sourit, elle me regarde.
D'ailleurs je me contenterai uniquement de son regard tellement il me m'emeut. Ma vie est dans son regard, je trouve ma force dans son regard.
Mon amour pour elle va en grandissant, son amour pour moi me fait fondre.
Ma dulcinée, je t'aime.
Continue à me sourire. Continue à me regarder. Je plonge dans tes yeux et je respire à travers ton sourire.
Continue à me regarder, continue à me regarder, continue à me regarder.
mardi 11 janvier
C'est un petit rien mais qui compte.
Qui veut tuer son chien l'accuse de rage. Je me répète ce que certains pourront me lancer à la face.
J'ai inscrit mon fils dans les registres de l'état, j'ai réclamé son passeport et bien d'autres formalités. Dans chacun des cas, mon interlocuteur savait que mon fil était un nouveau né, dans chacun des cas, des formalités concernaient un état de nouveau né. Mais rien aucune réaction, aucun sourire, aucune expression de sympathie. La neutralité de l'administration, l'impersonnalité des procédures me suis-je à chaque fois répété. Et puis ces gens sont des étrangers pour moi et je le suis pour eux. Pourquoi me féliciteraient-ils, pourquoi me glisseraient-ils un mot gentil ? Je ne suis qu'un numéro finalement, qu'un feuillet administratif qu'ils remplissent machinalement.
Ma famille était heureuse pour moi, mes amis m'ont appelé et m'ont félicité, mes collègues m'ont serré la main et embrasse sur les deux joues, mes voisins m'ont glissé un sourire, certains passants en me croisant avec mon fils tout fraîchement arrivé m'ont affectueusement regardé.
Cela me suffisait amplement et la réaction de l'administration ne me regardait même pas.
Et puis je reçois un courrier du Québec concernant la naissance de mon fils. J'avais auparavant fait les démarches pour l'inclure dans mon dossier. Rien d'extraordinaire, si ce n'est un petit carton au milieu de tous les formulaires administratifs. Je le prenais nonchalamment pensant que c'était un formulaire comme un autre.
Hé bien non ! C'est un carton écrit à la main où on me félicitait de la naissance de mon fils. Je tombais des nues. Ces gens ne m'avaient jamais vu, ne m'avaient pas entendu au téléphone et pourtant ils prenaient le temps et la peine de m'écrire un mot gentil.
Encore fois, certains me diront que j'en demande trop. Je n'avais jamais demandé ce geste, et ne pas recevoir n'aurait rien changé pour moi. Le recevoir m'a fait sourire, m'a fait réfléchir, m'a fait penser à ceux qui ne m'avaient rien dit.
Je suis profondément humain et mon environnement actuel ignore et ne respecte pas l'homme.