Je l'ai vu. J'ai même l'impression qu'il m'a regardé en ricanant.

J'ai hésité avant de lui tendre la main. Il m'a snobé au premier coup d'oeil et il me snobe encore.

Il était impassible et flegmatique, j'étais fébrile et ému devant lui.

A quand notre prochaine rencontre? Quand viendra-t-il spécialement pour me voir?

Incontestablement, il joue la vedette. Invariablement je reste fan.

Je l'ai rencontre à l'ambassade. J'y étais pour déposer quelques documents manquants. Il était caché au détour d'un couloir. Il était au chaud dans la poche d'un émigrant. Le visa, le sésame, la clef était là tapi dans l'ombre me narguant presque. Je me connais rationnel, cartésien. Mais l'émotion était plus forte. Mon fétiche était là; celui que j'attends depuis si longtemps me regarde. Il se tenait près de moi.

Puis j'inspirais profondément, j'emplissais mes poumons; je le regardais et m'efforçais de garder mes esprits, de revenir dans le monde réel.

Cette fois-ci, il n'était pas venu pour moi. Bientôt il frappera à ma porte pour que je parte avec lui, pour m'emmener au loin. Il m'emmènera, j'en suis convaincu, vers de nouveaux horizons.

J'y crois, j'espère, j'imagine.