Je me surprends à vouloir arrêter le déroulement de mon existence.
Je désespère à attendre une lettre, un signe, un appel. La vie est un long fleuve tumultueux. L'attente est affreusement longue, le temps désespérément long.

Attendre, attendre, attendre, attendre.
Je ne fais que ça depuis bientôt plusieurs années. Mon facteur s'est transformé en messie, en messager du bonheur. J'en viens à détester le week-end tout simplement parce qu'il n'y a pas de courrier ces deux jours. J'attends impatiemment le lundi comme un enfant attend un improbable cadeau. J'attends le facteur comme un enfant attend le retour de ses parents. J'attends un courrier des services de l'immigration comme un enfant attend une récompense.

Réfléchir, réfléchir, réfléchir, réfléchir.
Ma vie se déroule. Ma situation évolue. J'ai même peur qu'elle s'améliore trop et que mon désir de partir s'émousse. Suis-je devenu paranoïaque?
Les perspectives d'évolution me font peur, me rebutent, me poussent à réfléchir.

Sincèrement, l'attente est trop dure, trop pesante, trop lourde à supporter. Il faut quand même tenir car je veux assouvir ma soif de départ, je veux vivre mon rêve, je veux tenter ma chance.

Attendre, mon activité favorite, une activité imposée, un passe-temps pour passer le temps. Finalement, je tue le temps en attendant. J'espère que je ne me consumerai pas en même temps, j'espère que ma flamme restera intacte.