J'ai froid. Je me sens froid. Il neige mais je ne le sens pas. Il gèle. Mes doigts souffrent, mon coeur encore plus. Je m'approche d'un chauffage, mes doigts sourient, mon coeur refuse d'ouvrir les yeux de peur que ses larmes coulent et n'attirent l'attention.

Je voudrais que le froid fouette son visage. Je voudrais ses doigts s'engourdissent, je voudrais que la neige l'empêche d'avancer. Si je ne peux aller vers elle, je préfère qu'elle souffre dans froid dans lequel je marche. Au moins elle sera près de moi. Je la toucherai, elle me parlera, on s'esclaffera, nous braverons la neige tous les deux.

Que dis-je tous les trois. Deux êtres vous manquent et le monde est dépeuplé. J'aurai tant voulu sentir ses joues toutes froides, j'aurai tant voulu rire de son petit nez tout rouge dans le froid. Les voir souffrir du froid ou les savoir loin de moi. Je ne sais qu'elle est la plus terrible des sentences. Je sens égoïste, possessif. Ils me manquent tout simplement.

Je l'imagine courir, découvrir, grandir. Je me sens trop loin. Qu'ai-je raté ? Qu'a-t-il appris ? Comment se sent-il ? J'ose à peine me poser ces questions, j'ose à peine y penser.

Au moins ils sont ensemble, ils se soutiennent, ils m'attendent, je crois. Demain sera un autre jour. Demain sera le grand jour. Jamais je n'aurais pu imaginer un vide de cet ampleur, jamais personne ne m'aurait pu me le décrire, jamais un tel froid ne m'a gagné, jamais de ma mémoire je ne pourrais l'effacer.

Je l'imagine, je vois son visage, je m'attendris devant sa frimousse. Soudain un sourire éclaire mes souvenirs, d'un seul coup le soleil se lève dans mon coeur. Mon coeur sourit enfin.

Ma dulcinée tu me manques.
Mon petit garçon, ton absence est un cruel moment à vivre.